07.06.2009

JFK

Dernier meeting (suite)

Jean-François Kahn, n°1 sur la liste de la région Est, présente le projet de société, le projet européen du Modem, en développant plus particulièrement l'aspect économique :

Les exemples sont nombreux où les effets de la mondialisation (délocalisation, fermeture d’usine, désindustrialisation de nos territoires…) nous amènent à dire « pourquoi voulez-vous que j’aille voter pour cette Europe là ? ».

Mais ne pas voter, c’est laisser le pouvoir à ceux qui ont fait cette Europe là, qui souffre des méfaits de la recherche systématique du profit immédiat. C’est le système de l’économie financière ultralibérale, de type américaine, ou de type « casino »,  donnée en exemple et adoptée comme modèle pendant de trop nombreuses années a tué l’économie européenne.

Nous devons nous poser ces 2 questions:

-        Est-ce de l’Europe que la France souffre, ou de l’absence de l’Europe, voire de la démission de l’Europe ?

-        Devons nous refuser l’Europe pour ce qu’elle est ou devons nous nous engager pour ce qu’elle devrait être ?

Nous devons réhabiliter l’idée que l’on peut contribuer ensemble à façonner notre espace européen concrètement, comme on le veut.

Exemple des effets de la mondialisation ultra libérale, de la gestion à court terme et de la démission du modèle socio-économique européen:

Depuis le belvédère de Longwy, là ou il y a quelques décennies on pouvait voir plusieurs usines sidérurgiques, on ne voit plus maintenant qu’un terrain de golf pour les luxembourgeois. Ce type de vision donne un sentiment de « rage froide » aux représentants syndicaux, tout autant qu’un sentiment d’impuissance aux dirigeants d’entreprise attachés à leur patrimoine familial et à leur territoire. Les uns comme les autres se demandent : « Pour quoi compte-t-on ? »

Nous ne voulons pas de cette société déshumanisée. Nous ne voulons pas de cette abolition de l’horizon. Nous ne voulons pas de cette privation de toute perspective. Aujourd’hui on n’investit plus que dans le court terme. Cela conduit à la disparition de la notion de projet, cela conduit à l’abolition du mouvement. C’est la rature du « pour quoi ?» et du « pour qui ?».

Le modèle néolibéral américain, anglais, islandais, estonien cités en exemple par l’ancien candidat Sarkozy ont périclités depuis, nous entrainant dans leur chute. On est alors amené à se demander : Quelle est la nature de la richesse? Comment doit-elle être distribuée? Quel est le résultat de ce modèle ?

9% de chômage, dépression, dette publique bientôt égale à 100% de notre PIB.

On ne peut qu’être amené à vouloir changer de système. Sans forcément faire preuve de démagogie, sans dire que c’est la faute à Sarkozy. Mais en reconnaissant de façon lucide que c’est la conséquence du système qu’il donnait en exemple. D’où l’importance, l’impérieuse nécessité de changer de système.

C’est à l’Europe de le faire. Seulement elle, peut avoir un rôle moteur dans ce changement de système. Là où l’Europe aurait dû opposer son modèle, elle ne l’a pas fait. Elle s’est alignée sur le modèle néolibéral. Cela conduit les plus touchés à ce cri de rage: « l’Europe a laissé faire ça ! » et cela doit nous amener tous ensemble à cette évidence : il faut que l’Europe invente un nouveau modèle.

L’histoire européenne peut nous y aider. La renaissance était un phénomène européen inspiré de l’antiquité romaine et grecque. Elle a entrainé tous les domaines de la civilisation : économie, art, culture dans un essor inouï. La philosophie des lumières, suscitée par des intellectuels qui considéraient que l’Europe était leur patrie commune a eu un impact social sans précédent.

Dans notre histoire plus récente, pendant ce qu’on appelle les trente glorieuses l’économie sociale de marché a garanti un niveau de vie décent à la plupart des gens. Le marché était régulé, les investissements se faisaient sur le long terme, dans l’outil de production dans les infrastructures, pas dans une logique de casino.

Nous voulons une Europe qui s’affirme à nouveau, qui réhabilite l’investissement à long terme. Une proposition en ce sens :  l’instauration d’une taxe sur les mouvements financiers qui soit proportionnelle à la rapidité de ces mouvements. Plus l’investissement est à court terme, plus cette taxe serait élevée. Cela permettrait aux entreprises de disposer des moyens d’investir dans leur personnel et leur outil de production plutôt que de distribuer des dividendes.

Au niveau des négociations entre états, il faut renoncer à la règle de l’unanimité. Il faut en finir avec les droits de véto qui n’ont qu’un effet sclérosant. L’idée socialiste de décréter un SMIG européen du jour au lendemain est surréaliste. Quel devrait en être le montant?  Il faut adopter comme projet de tendre vers le mieux disant dans chaque domaine : protection sociale, protection de l’environnement, formation…

Il nous faut un plan de relance européen

-        Par la taxation des flux financiers à court terme déjà évoquée,

-        Par un système d’emprunt « patriotique » européen permettant aux Etats de mobiliser l’épargne et de disposer de fonds à des taux moins prohibitifs que ceux qui nous sont consentis  hors Europe.

-        Par des baisses de charges ciblées, puissantes et donnant/donnant, en particulier pour les PME : par exemple pour une entreprise de 3 salariés, octroyer une baisse de 40% de charges sur 4 emplois dans le cas d’une embauche. Ces embauches seront autant d’entrées de cotisation en plus et de dépenses sociales en moins. Cette baisse de charge pourrait être de 42% pour les salaires plus élevés, pour encourager un bon niveau de salaire, car un niveau de salaire décent est un facteur de développement pour toute société.

-        Par le rétablissement d’un cadre favorable à une concurrence loyale : en mettant un frein aux centrales d’achat qui impose leur diktat aux producteur, en imposant aux distributeurs de choisir 40% de ses fournisseur dans un rayon de 90km (impact écologique)

-        En exigeant de sortir de l’obsession du « on ne change rien alors que le bateau coule ». Exemple qui frise le ridicule : la pseudo liste des paradis fiscaux sortie du dernier G20 après de nombreux effets d’annonce. Il n’y a quasiment plus aucun état dessus.

-        Par une réforme du système financier international qui empêche de racheter des entreprises en difficulté grâce à des emprunts dont les interêts sont financés par les résultats de l’entreprise elle-même, résultats obtenus en saignant la bête par une politique à court terme.

Concernant la chute du système néo libéral, on nous a dit « on ne pouvait pas savoir ». C’est faux! Ce système de l’argent qui ne tourne qu’autour de l’argent pour faire encore de l’argent devait forcément s’écrouler du fait de sa déconnection du réel.

Il a déjà été dit que le plan de relance américain était ambitieux. Mais sans refonte du système outre Atlantique, il ne sera pas forcément suffisant. Un plan de relance similaire à celui de Roosevelt serait peut être une solution, mais il y a le problème de la dette qui grossit d’elle-même malgré la baisse des taux d’intérêt de la FED. Il faut donc des plans de rigueur drastique malgré les promesses de Barak Obama au niveau social. Le président américain les mettra il en œuvre ? On peut en douter. L’autre possibilité tentante serait une dévaluation du $. Cela relancerait l’industrie américaine en dopant ses exportations, en affaiblissant encore du même coup notre économie, et cela impacterait aussi ceux qui ont financé l’endettement américain : la valeur de leurs créances seraient diminuées d’autant.

C’est pour faire face à tous ces risques que nous défendons l’idée d’une monnaie de référence mondiale. C’est une priorité essentielle, fondamentale pour garantir un minimum d’équilibre à l’économie  internationale.

JFK termine en citant Jaurès : « Un peu d'internationalisme éloigne de la patrie. Beaucoup d'internationalisme en rapproche », et en le paraphrasant : Un peu d’Europe éloigne de la France, beaucoup d’Europe en rapproche.

Vous l’aurez compris, notre JFK, c’est du lourd. Son intervention ce jeudi 4 juin à Strasbourg était d’un autre niveau que les débats télévisés.

 

François Bayrou fait part de l’émotion qu’il éprouve du fait de sa présence à Strasbourg. Il en profite pour évoquer sa collaboration avec Pierre Pflimlin, illustre maire de Strasbourg pendant de nombreuses années, et ancien président du parlement européen. Il se rappelle une de ses dernières interventions en public lors d’un congrès à Bordeaux où le mouvement centriste s’engageait pour la première fois de façon autonome dans la campagne des européennes. Lors de cette intervention Pierre Pflimlin avait exprimé sa profonde satisfaction d’avoir vécu 3 évènements qu’il n’aurait jamais cru pouvoir vivre :

-        La réconciliation de la France et de l’Allemagne

-        La chute du mur de Berlin

-        La renaissance de sa famille politique

François Bayrou se souvient qu’ensuite il avait siégé à Strasbourg pendant toute la mandature, alors que d’autres, nommés Hollande ou Sarkozy avaient abandonné leur poste.

Il souligne la qualité du travail réalisé au parlement de Strasbourg, travail qui exige souvent un haut niveau de compétence et d’expertise, travail qui attache une grande importance à l’écrit et où la mise en scène est moins importante que dans notre parlement national.

L’Europe ne doit pas être une puissance qui voudrait s’imposer aux autres. Elle doit être l’expression de la volonté de ses citoyens. L’expression de cette volonté est indispensable face aux défis mondiaux. Il faut que le développement européen retrouve ses racines dans la proximité avec les citoyens européens.

On ne doit plus séparer artificiellement les réalités nationales et les réalités européennes. Les deux sont réciproquement indispensables. Les enjeux nationaux impactent les enjeux européens, tout comme les succès européens sur les plans sociaux, économiques et écologiques conditionnent les succès nationaux sur tous ces plans.

BON VOTE à tous et à chacun !

Nicolas

Commentaires

Bonjour
Tu vois je ne devrais pas le dire...mais je n'ai pas voté Bayrou, mais lorsque j'ai entendu son altercation avec "le Bendit" j'ai eu envie de voter pour lui.... car tout le monde dit qu'il n'aurait pas dû dire ça... et bien moi si...
Sincèrement
jean

Ecrit par : Jean | 08.06.2009

Salut Jean,
Merci pour ton com. Pour moi il est clair que cet épisode a été le plus mauvais de la campagne de Bayrou et l’a certainement desservi. Sa première « pique » insinuant que Cohn-Bendit roulait pour Sarkozy n’était pas le meilleur argument, elle était trop politique, dans le mauvais sens du terme. Il avait de nombreux autres arguments à sa disposition dans le programme étoffé du Modem.

Ensuite la réaction désobligeante et insultante de Cohn-Bendit était démesurée, mais pas surprenante quand on connait le personnage. En réponse à cette provocation Bayrou a laissé entendre que Cohn-Bendit n’était pas le mieux placé pour l’insulter en ces termes et a dénoncé ce qui doit l’être, ce qui a été considéré par les médias comme un coup bas.

Mais son intention initiale n’était visiblement pas d’évoquer ces choses, il a fallut que Cohn-Bendit insiste pour que Bayrou dépasse le « point final » qu’il s’était fixé, et précise ce à quoi il faisait allusion, sinon tout aurait pu en rester là. D’ailleurs Cohn-Bendit n’a pas caché sa satisfaction quand Bayrou est arrivé là où il voulait l’amener.

Je pense aussi que les écrits de Cohn-Bendit sont hors limite. Ce sont ses textes et les idées et pratiques dont il faisait l’apologie qui sont à condamner. Je ne comprends pas du tout pourquoi tous les médias et tous les concurrents de Bayrou nous on fait croire que c’est celui qui dénonce de tels écrits qui devrait s’excuser. Ca me rappelle ce passage : « Se ventant d’être sages ils sont devenus fous ».

Cet épisode est regrettable car il occulte l’excellent travail des troupes du Modem pour l’élaboration de leur programme européen, car les médias ne retiennent plus que cette altercation. C’est sur cette bêtise des médias que Cohn-Bendit misait en se déplaçant sur le terrain de l’insulte. Il est le plus fin stratège, c’est clair, mais sur le fond, pour moi c’est Bayrou qui est dans l’honnêteté intellectuelle. Il a d’ailleurs reconnu ses erreurs, dans la bonne mesure.

L’avenir du Modem et de Bayrou risque de pâtir encore de cet épisode. Pour la Région Est, JFK a d’ailleurs déjà laissé sa place de député à sa seconde sur la liste : Nathalie Griesbeck, de Metz, qui a déjà fait ses preuves au parlement européen.

Mais l’avenir du Modem ou de Bayrou, c’est un détail. C’est surtout pour la France et pour l'Europe que c’est dommage. L’opposition humaniste, laïque, écologiste, démocrate et sociale ressort de tout ça beaucoup trop morcelée.

Ecrit par : Nicolas | 08.06.2009

je me demande des fois si c'est nécessaire que de voter
oui nous le devons c'est notre devoir de citoyen
mais bon....
perso je suis un peu déçue tout de même
sinon longue vieeeeeee à ton blog

Ecrit par : colombe777 | 12.06.2009

Salut Colombe,

Merci pour ton com. C'est vrai, on peut se dire "une voix de plus ou une de moins..." Mais d'un autre coté comme m'a dit ma mère sur cette question il ya bien longtemps: "ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières..."
Et pour moi, avant de considérer ça comme un devoir, je dirais que c'est ma joie de citoyen, savoir que mon bulletin compte autant que les autres, une saine égalité.
Je suis parfois aussi déçu des résultats, mais au bout du compte mais on a les représentants qu'on a choisi, donc ceux que nous méritons.

A bientôt,

Nicolas

Ecrit par : nicolas@colombe | 12.06.2009

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