12.09.2007

Quotas et mots justes

Je connaissais la politique des quotas, consistant à limiter les entrées sur le territoire, aujourd'hui j'ai appris qu'il existait aussi des quotas fixant un nombre d'expulsions à effectuer par chaque préfet:

Le Monde: "Conformément à la demande du président Nicolas Sarkozy, le ministre a fixé comme objectif l'expulsion de 25.000 sans-papiers d'ici la fin de l'année. "Ça signifie un certain nombre d'expulsions par département (...) Certains sont en passe d'atteindre ces objectifs, certains les ont dépassés, certains sont en dessous - c'étaient ceux que j'ai vus cet après-midi", a expliqué le ministre, ajoutant qu'il n'était pas question de sanctionner quiconque."

Monsieur Sarkozy a hier qualifié "d'indigne" la situation de disparité des durées de cotisation nécessaires jusqu'à la retraite, d'une profession à l'autre. Je trouve abusive l'utilisation du terme "indigne" dans ce cas. Tout au plus aurait-il pu parler de situation injuste.

Si quelque chose doit être qualifié d'"indigne" de la France, c'est bien cette politique des quotas d'immigration. Quand au fait de fixer des quotas d'expulsions à atteindre, je trouve cela abject.

Cela s'inscrit dans la Politique du résultat, déjà en vigueur dans la Police Nationale (nombre de contraventions à dresser, d'interpellations à effectuer...). Bientôt cette politique se généralisera dans l'Education Nationale , la Justice... On n'aura plus de services publiques chargés de répondre aux besoins des citoyens, mais de satisfaire aux lubies de notre nouveau "petit Napoléon" - surnom donné par nos voisins allemands à Monsieur Sarkozy. Quand on connaît l'image dont jouit Napoléon en Allemagne, on comprend mieux ce que signifie ce surnom quand à la façon dont notre président est perçu outre-Rhin.

Nous avons maintenant non pas un ministère de l'immigration, de l'intégration de l'identité nationale et du co-développement mais un ministère de l'expulsion, de la discrimination, de l'exclusivité nationale et de l'égo-développement.

 Nicolas